Rencontre avec… Richard Prieur

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Monsieur 100 000 volts!

 

Je suis certaine que le défunt Gilbert Bécaud me pardonnera, où qu’il soit, de lui emprunter son surnom pour qualifier le directeur général de l’ANEL, avec lequel j’ai eu le plaisir de m’entretenir il y a quelques jours. Nous avons parlé de ses romans préférés et de son parcours, pas du tout classique. Rencontre avec un homme littéraire qui carbure aux défis extrêmes !

 

Il a le charme d’un éditeur, avec ce côté classique et gentleman, la verve d’un chroniqueur sportif et l’expérience d’un homme d’affaires. Mais qui est ce « Monsieur 100 000 volts » qui offre des histoires, des anecdotes, des titres de romans et des dates à profusion?

 

Commençons par dire qu’il adore les belles chaussures, les plumes Waterman, les voitures puissantes et Jacques Godbout. Ce dernier fut d’ailleurs le sujet de son mémoire de maîtrise, mémoire qu’il n’a jamais complété, s’empresse-t-il de dire et de m’enjoindre de vous préciser, car si un jour il devait se retrouver en politique – où je l’imagine fort bien –, il ne voudrait surtout pas voir éclater un scandale médiatique portant sur sa maîtrise en littérature !

 

Vous ai-je dis qu’il est drôle ? Eh bien oui! Mais ce qui surprend surtout, c’est que Richard Prieur se présente comme un timide ! Un « timide-volubile », pour être plus précis… Un homme plein de paradoxes donc, qui aime plus que tout le silence, le calme et la lecture, et qui semble avoir vaincu sa légendaire timidité grâce à des études en communication à forte dose.

 

Des Alouettes à l’ANEL en passant par la Formule 1!

 

Richard Prieur a payé ses études collégiales en collant des affiches culturelles dans les rues de Montréal, qu’il connaît fort bien, et ses études en littérature à l’UQAM en travaillant en librairie.  De petits boulots en moyens boulots, on le retrouve ensuite dans le domaine des communications, dans une série de jobs des plus hétéroclites. Après le TNM, il est repêché par les Alouettes de Montréal où il agira à titre d’adjoint aux communications, avant de prendre rapidement du galon et devenir coordonnateur des médias jusqu’en 1987, année où l’équipe suspend ses activités. Il fonde ensuite Cité communications,  sa propre boîte, au sein d’une structure plus large (le Groupe MTA) dans laquelle Normand Legault est impliqué. Lorsque ce dernier devient, pour la seconde fois, le directeur général du Grand Prix du Canada à Montréal, il recrute son ami Richard Prieur au titre de chef de presse national. En passant, je vous rappelle qu’on parle bien ici de notre timide de 100 000 volts. Richard se verra confier, en 1996, la vice-présidence des communications du Grand Prix de Formule 1. Les années s’enchaînent à toute vitesse. Richard dévore surtout les projets liés aux contenus télé et à la production de magazines spécialisés en Formule 1, et c’est par le biais d’un livre hommage consacré aux 25 ans du Grand Prix du Canada à Montréal qu’il fait alors la connaissance d’Hervé Foulon (HMH-Hurtubise).

 

2005 : la crise de la cinquantaine !

 

Aidé par les questionnements qui affluent avec la cinquantaine, Richard Prieur estime avoir fait le dernier tour de piste de son monde de moteurs et de testostérone… Il s’ennuie alors des livres et de ses années littéraires à l’UQAM. Pourtant, les livres devront attendre encore un peu avant que la carrière littéraire de ce timide ne reprenne ses droits.

 

C’est en effet du côté de la natation que Richard Prieur se voit maintenant offrir un nouveau mandat, avec la direction des communications du Championnat mondial de natation de la FINA. Dans un contexte de scandales et de déficit épiques gérés par l’invincible coprésident Normand Legault (toujours le même), Richard relève le défi et plonge! Son court mandat s’achève en septembre 2005 par un succès de fréquentation et un déficit bien plus raisonnable…

 

Le retour au monde des livres se fait enfin. En entrant aux Éditions Gesca, des Éditions La Presse, Richard Prieur écrit alors une toute nouvelle page de sa carrière. Il y restera deux ans dans le secteur des magazines puis deux ans à titre d’éditeur. Avec l’un de ses amis, Alain McKenna, il trouve aussi le temps d’écrire deux livres sur la bière (Les 100 meilleures bières 2010 et 2011, Éditions Transcontinental).

 

Les défis de l’ANEL

 

Richard Prieur est nommé directeur général de l’ANEL en 2010 avec pour mission de ramener dans le giron de l’association un certain nombre des grands éditeurs qui avaient quitté le navire, dont Boréal, Quebecor, Québec-Amérique ou HMH-Hurtubise. Finalement, plus de 20 grandes maisons d’édition reviennent au sein de l’ANEL. Mission accomplie pour cette reconquête, mais d’immenses défis restent encore à relever pour les éditeurs d’aujourd’hui, en lien notamment avec l’évolution vers le numérique qui est loin d’être simple à gérer pour les plus petites maisons d’édition et dont la rentabilité à court et même à moyen terme n’est pas assurée.

 

Mais nous demeurons confiants. Avec son parcours, nous n’avons aucun doute que Monsieur 100 000 volts sera là encore une fois pour saisir le ballon, effectuer des virages en épingle et plonger au bon moment !

 

Les livres phares de Richard Prieur

Voici une sélection (résultant de choix déchirants) proposée par notre boulimique de littérature !

 

D’ici…

Tout Hubert Aquin, mais surtout Prochain Épisode Prochain épisode
Tout Réjean Ducharme, mais surtout L’Hiver de force L'hiver de force
D’Amour P.Q., de Jacques Godbout pour les onomatopées D'amour PQ
Le libraire de Gérard Bessette, pour la bière et la taverne et le capharnaüm Le libraire
Champagne de Monique Proulx Champagne
… et d’ailleurs !
Absalon, Absalon de William Faulkner Absalon
Au-dessous du volcan de Malcolm Lowry Under the Volcano
Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq Le rivage des Syrtes
L’œuvre au noir de Marguerite Yourcenar L'oeil au Noir
Le Quatuor d’Alexandrie, Lawrence Durrell Le Quatuor d’Alexandrie