Rencontre avec… Philippe Béha

Philippe Béha

 

 

Portrait de l’illustrateur et auteur jeunesse

 

Dessiner pour les enfants

L’illustrateur Philippe Béha est un conteur né.  Son esprit est vif, son regard allumé.  Il semble être en mouvement constamment et pourtant, il répond toujours présent lorsqu’on lui demande d’animer une rencontre d’auteur pour les enfants. C’est qu’il les aime, les enfants! « C’est absolument indispensable d’aimer les enfants, insiste-t-il, pour faire un bon travail d’auteur ou d’illustrateur jeunesse. »

 

Combien en aura-t-il rencontré en 2012 ?  Des milliers ! Et cela grâce à un petit livre publié aux Éditions Imagine qui a gagné la faveur du Centre canadien du livre jeunesse (CCLJ).

 

J’ai perdu mon chat, qu’il a écrit et illustré – en traduction anglaise, le livre a pour titre I’ve Lost My Cat – a été offert en cadeau à 500 000 enfants dans le cadre de la Semaine canadienne TD du livre jeunesse et lui a permis de rencontrer des enfants de première année aux quatre coins du Canada.

 

Au bout du crayon, la rencontre

 

Le dessin fait partie de la vie de Philippe Béha depuis l’école communale française. Adolescent, il offrait des dessins à ses compagnes de lycée. « Qu’est ce que je pouvais faire d’autre? Il y avait 4 gars pour 30 filles dans ma classe! C’est en dessinant que j’ai pu passer à travers la rigueur imposée aux écoliers à cette époque. C’était clair pour moi : je ferais dessin ou théâtre.» Il sera admis au concours de l’École des beaux arts de Strasbourg et terminera son bac, cinq ans plus tard, avec le Prix de la ville de Strasbourg en main. Il y fit la rencontre d’une jeune fille de Saint-Hyacinthe, son épouse Denise, avec qui il partage sa vie depuis 40 ans.

 

Le Québec

Philippe Béha est arrivé à Montréal en 1976, en compagnie de son épouse québécoise. D’abord concepteur visuel à Radio-Québec, il quitte cet emploi en 1979 pour se consacrer entièrement à son métier d’illustrateur. «Les années 80 et 90, c’était l’âge d’or de l’illustration au Québec. Je travaillais parfois jusqu’à 20 heures par jour.» Affiches publicitaires, commandes éditoriales pour des magazines de tout genre, illustrations jeunesse, en plus de ses projets personnels… Il n’a jamais manqué d’inspiration pour aucun sujet. « Je n’étais pas le seul illustrateur sur le marché, mais je tentais de réinventer mon style très souvent pour ne pas que les lecteurs et les clients aient l’impression de me voir partout. »

 

Dans l’atelier de Philippe Béha, les personnages, animaux, êtres fantastiques et tutti quanti prennent forme sous le pinceau, l’encre, l’acrylique, le crayon et les collages. Les communications électroniques et virtuelles – téléphone cellulaire, Facebook et compagnie – ne font pas partie de l’univers Béha.  «J’ai des tiroirs plein d’idées pour des histoires à écrire.  Des petits bouts de papier qui attendent de prendre vie. Mais en attendant, j’adore les raconter à mes trois petits-enfants tout comme j’étais heureux de pouvoir me poser pour raconter des histoires à mes filles.»

 

À ce jour, Philippe Béha a illustré 170 livres jeunesse, des histoires écrites par d’autres pour la plupart. Le premier album complet – texte et images – qu’il nous ait offert est La Reine Rouge, paru en 2001 aux 400 coups. Rouge de colère de la tête aux pieds, la reine rouge envoie son armée faire la guerre à toutes les autres couleurs. Mais son armée l’abandonne et la reine, médusée, voit son désert rouge se transformer en océan bleu…

 

Dans ce grand album destiné aux enfants de 7 ans et plus, des sentiments complexes sont abordés en toute liberté à grands coups de couleurs qui se confrontent. Cet album est peut-être celui auquel il est demeuré le plus attaché à travers le temps.

 

« Je crois que j’aime tout autant illustrer des albums pour d’autres auteurs, mais quand je dessine sur mes textes, je suis doublement heureux puisque s’opère instantanément la complicité entre l’auteur et l’illustrateur.»

 

Cette complicité, Philippe Béha sait la reproduire aussi avec les enfants. Les rencontres d’auteur qu’il fait dans les écoles et les bibliothèques se transformant la plupart du temps en session de création collective.

 

Philippe Béha est le coporte-parole du 6e Festival des enfants TD-Metropolis bleu avec Monique Polak, qui se déroulera du 22 au 28 avril 2013 dans une soixantaine de lieux à Montréal. Il prendra part à plusieurs rencontres d’auteur dans les bibliothèques de Montréal ainsi qu’à une journée d’activités de lecture intergénérationnelle en compagnie de France Castel, le dimanche 28 avril, à l’Espace La Fontaine où une sélection personnelle et thématique de ses illustrations jeunesse sera exposée du 30 mars au 28 avril.

 

 

Recommandations de lecture :

 

Écrits et illustrés par l’auteur

La Reine rouge, 400 coups, 2001 La Reine rouge
Monsieur Le LoupFides, 2009 Monsieur Le Loup
La journée du Roi Bougon, 400 coups, 2011 La journée du Roi Bougon

 

Illustrés par l’auteur

 

Les devinettes d’Henriette, de Henriette Major et Philippe Béha.Éditions Hurtubise, 2004. (Prix Québec/Wallonie-Bruxelles de littérature de jeunesse 2005) Les devinettes d'Henriette
Le monde de Théo, de Louis Émond et Philippe Béha.Éditions Hurtubise, 2011. Lauréat – Prix Marcel Couture 2012 Le monde de Théo