Rencontre avec… Ghila Sroka

Sroka

 

 

Fondatrice des revues Tribune Juive (30e anniversaire) et La Parole Métèque

 

Son regard est vif, lumineux et perçant sans être inquisiteur. Son esprit ultra rapide et piquant. Allumée, Ghila Sroka n’a pas peur des mots ! Elle en fait même sa matière première, sa chair créative, mais aussi ses missiles à tête chercheuse ! On l’aurait volontiers imaginée en avocate plaidant et remportant les plus grands procès du siècle… Elle est surtout attachante parce que vraie. On peut l’aimer ou la craindre mais, assurément, on la respecte. Ce qui me rappelle le mot de Marie-Antoinette à son Louis : « Louis, les gens n’aiment que ce qu’ils respectent et ne respectent que ce qu’ils craignent! ».

 

Pour ma part, je ne fais pas de politique, je ne suis pas polémiste et je fuis toute forme de bagarre… Venant d’une famille où on s’engueulait joliment, j’ai pris l’habitude de porter ma cape d’invisibilité en cas d’urgence ! Je suis une intuitive. C’est donc avec le cœur que j’ai découvert Ghila, qui me rappelle beaucoup mon adorable tante Hélène. Et puis j’ai craqué pour ses souliers rouges dès que j’ai vus au Festival Metropolis bleu lors de mon arrivée en 2010.

 

Tout comme avec ma tante Hélène, il m’arrive de craindre Ghila, surtout quand elle m’aborde avec des questions chocs. Je bredouille, je cafouille, je cherche des réponses, je peux même avoir des sueurs froides… C’est alors que je me ressaisis et lui réponds comme une grande ! Cette battante, qui a survécu au cancer de la moelle osseuse, a toujours de ces questions incisives, comme lors de cette récente entrevue où elle me demandait comment se faisait la programmation du Festival et à quel titre on pouvait prétendre qu’elle fût démocratique. Je vous invite d’ailleurs à lire ma réponse dans l’article post-festival que Ghila Sroka signe dans son prochain numéro de Tribune Juive.

 

Lorsque je l’ai rencontrée au Café Méliès, il y a déjà quelque temps, il faisait gris et on gelait. Tout au fond du café et dans un tricot jaune soleil qui réchauffait toute la place, Ghila m’attendait. Ensemble, nous avons refait le monde, vous l’aurez compris. Elle m’a donné des conseils pour le prochain Festival, puis, à mon tour, je l’ai tourmenté en lui demandant de dévoiler, aux fins de cette rubrique, les livres qui avaient été les plus importants dans sa vie… mais seulement trois…

 

Voici sa réponse en images :

 

Entre amis – Amos Oz Couv Entre amis
L’apprentissage de Duddy Kravitz – Mordecai Richler Couv Richler
L‘aleph – Jorge Luis Borges Couv Borges Jorge Luis

 

Ces trois ouvrages sont disponibles sur www.amazon.ca et www.ruedeslibraires.com

 

Ghila Sroka en bref

 

Depuis sa naissance, Ghila Sroka a l’engagement solidaire et la conscience morale chevillés au corps. Juive athée et intellectuelle de gauche, le parcours personnel et professionnel de cette journaliste, éditrice et écrivaine est à son image : iconoclaste, international et passionné.

 

Quittant Israël et le Kibboutz où elle a grandi, Ghila Sroka part en Belgique pour étudier la  philosophie et la linguistique avant de venir s’installer au Canada en 1976, d’abord à Halifax, où elle poursuit alors ses études en philosophie, puis au Québec, en 1981, où elle étudie en littérature comparée à l’université de Montréal.

 

Passionnée par le journalisme et la langue française, Ghila Sroka fonde le magazine interculturel Tribune Juive (en 1983) ainsi que « le magazine du renouveau féministe » La Parole Métèque, et reçoit la Médaille d’or de la Renaissance française pour son action culturelle et son engagement humanitaire.

 

Inlassablement, Ghila Sroka poursuit donc à travers, entre autres, la publication d’articles, d’essais et d’entretiens avisés, son combat en faveur de la tolérance, du droit des femmes et de l’échange interculturel.