William St-Hilaire au sujet de l’ALZHEIMER

william au sujet de l'Alzheimer

 

« L’écriture est une stratégie efficace lorsqu’il s’agit de gérer des expériences négatives parce qu’elle nous aide à y trouver du sens et à les dépasser ».

-Sonja Lyvbomirsky

Psychologue et professeure à l’Université de Californie

 

Vous le savez peut-être si vous êtes un ami de la Fondation, mais Metropolis bleu ne produit pas qu’un festival international de littérature. Elle offre, tout au long de l’année, une gamme de programmes éducatifs et sociaux innovateurs qui utilisent les mots, l’écriture et la lecture, comme de véritables outils thérapeutiques qui favorisent le mieux-être.

 

Depuis bientôt 14 ans, Metropolis bleu a développé une solide expertise pédagogique en créant plus de 37 programmes éducatifs différents. Ils sont toujours nourris par notre passion des mots et offerts par des professionnels chevronnés, en classe ou en ligne.

 

Pourquoi une fondation littéraire s’intéresserait à l’Alzheimer?

 

A priori Alzheimer et littérature, Anorexie et littérature ou Autisme et littérature ne coulent pas forcément de source… Certains d’entre vous seront dubitatifs. Tout débute avec mon histoire personnelle et les enjeux qui me touchent…

 

D’une part, je viens d’une famille touchée par la santé mentale et j’ai moi-même longtemps été habitée par une sorte de spleen existentiel qui m’a mené à écrire lorsque j’étais désemparée. D’une chose à l’autre, ce désespoir « transformé » a donné lieu à plusieurs romans qui ont eu la chance d’être publiés : c’est donc par désespoir que je suis devenue auteur. Vous aurez compris que j’ai un faible pour l’écriture thérapeutique.

 

Puis, à mon arrivée à la Fondation, j’ai découvert la richesse des programmes mis en place par la fondatrice Linda Leith. Certaines initiatives avaient déjà été amorcées du côté de la santé mentale de sorte qu’il m’a semblé tout naturel, compte tenu de ma propre histoire, de mettre en place un programme de lutte contre les préjugés en santé mentale. Ce programme a mené à la production de plusieurs plateformes pour les jeunes à risque dont celles liées à la dépression et à l’anorexie. Notre rencontre avec l’équipe fantastique de l’Institut universitaire Douglas en 2012 nous a permis d’aller de l’avant et, déjà au Festival 2013, nous lancions le volet intitulé « Santé mentale et littérature ».

 

Mémoire et littérature 2014

 

Lorsque mon poste a été coupé à Radio-Canada, je me suis retrouvée devant rien! Le vide…. Et, comme je suis hyperactive, je ne savais pas quoi faire. Je me suis donc inscrite le plus vite possible à l’université en attendant de retrouver du boulot. J’ai choisi le programme de gérontologie sociale de l’UQAM. Bien que ma formation soit en musique et en gestion des communications, mon cœur m’a menée directement en gérontologie parce que j’aime les aînés, que les gens vulnérables me touchent et font certainement écho à ma propre vulnérabilité. Mon premier projet de cours a porté sur l’Alzheimer; projet que je n’ai pas pu compléter parce que, par bonheur, j’ai trouvé un emploi. Ce rendez-vous manqué avec l’Alzheimer s’est présenté à nouveau assez cruellement lorsque mon oncle préféré, mon oncle Roger de Québec, a reçu un diagnostic de la maladie.

 

Au même moment, Annie Heminway, professeur de littérature et d’écriture créative à New York University et collaboratrice de la Fondation, a attiré mon attention sur d’intéressants romans portant sur l’Alzheimer. À cette époque, nous avions plusieurs projets en cours et avions convenu d’attendre l’édition 2014 pour nous y attaquer.

 

C’est donc ainsi qu’a germé l’idée de produire une nouvelle série au Festival 2014 portant sur la MÉMOIRE. Abordé par les livres et truffé d’ateliers sympathiques (écriture et collage), ce volet du Festival a été conçu pour venir en aide aux familles touchées par l’Alzheimer, mais aussi pour tous ceux qui s’intéresse au récit, à la mémoire sous sa forme littéraire.